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« avril 2007 | Accueil | juin 2007 »

mai 2007

31 mai 2007

#14 - Les guitares de Paul Personne

Paul Personne s'est frotté à toutes les guitares ou presque.

t_l_caster_deluxe_72strat_serie_L S'il est coutumier des Les Paul (Gold top 54 et 57 et vieux modèles standards), Paul Personne a commencé sur une Gibson SG junior blanche puis il a longtemps joué sur Fender (télécaster deluxe 72, mustang, puis une stratocaster série L!). Ensuite il est passé sur plusieurs modèles Gibson Es 335/345 et en premier une ES-340 blonde avec inverseur de phase façon Peter Green. Il l'utilisa sur toute sa période Backstage et au début de sa carrière solo avant de préférer la Télécaster.

Ensuite il alternera entre stratocaster et Grestch 6120 avant de découvrir une Les
Paul Gold Top, c'est le début de l'osmose. Une Gibson Flying V blanche, sgune vieille SG, une télécaster avec un corps de No-caster et des micros vintage croiseront sa route ainsi que, sur la tournée 97, des Paul Reed Smith dont le modèle Santana II (bleu avec inscrustations oiseaux) et McCarty.

Malgré tout, Paul Personne est assez infidèle en guitare, ce n'est pas un collectionneur et ses guitares passent. Vous pouvez donc espérer un jour tomber sans le savoir sur une des ex de Paul, à moins qu'il ne soit venu lui-même la racheter par nostalgie. Quoiqu'il en soit, à moins d'avoir l'oeil vous ne le saurez pas. D'ailleurs le goût de personne n'est pas forcément le votre.

Actuellement, il tourne avec deux Les paul dont une Gold_Top_57_historic_collectionGold Top 57 historic collection et une Standard_historic_collection_sunburst_flam_eStandard historic collection sunburst flamée, ainsi qu'une Gold Top 54, à noter également des Fender dont une tornadoToronado, une Cyclone et une vieille Stratocaster (notamment à Genève en juillet 2005), enfin version accoustique sur scène il emploie deux Takamine.


Côté ampli, on en dénombre également quelques uns : Hiwatt, Music Man, Fender Twin reverb et Vibrolux, ... Enfin une tête Marshall vintage type JTM45 et un cabinet 4x12 ont régulièrement été ses compagnons de voyage. C'est maintenant autour des Hot Rod Deluxe Fender de prendre la route au côté de Paul Personne.

En résumé si vous souhaitez avoir le son de Paul Personne, deux ingrédients, une Les Paul en direct sur un ampli à lampe type Blues Deluxe ou Combo JTM45. Pour les effets, contentez vous d'une simple pédale Wah-Wah et éventuellement d'une Tube-screamer Ibanez, ensuite à vous de jouer.

Quelques bonus :

29 mai 2007

#13 - Freddy king

freddie_king

Lorsque Freddie King meurt, à la fin de l'année 1976 après une brutale crise cardiaque survenue alors qu'il était en scène, le blues se trouve décapité.

En très peu d'années, ce chanteur-guitariste qui démarra en flèche en 1960 puis traversa une période plus   difficile, était revenu aux avant-postes, obtenant une immense popularité dans le monde entier et se présentant comme le rival le plus menaçant de son illustre homonyme, B.B. King.
       
 

Freddie King est né le 30 septembre 1934 à Gilmer, petite ville du Texas située à soixante-dix kilomètres de Shreveport. Depuis tout gosse il possède le désir de devenir musicien. Une enfance pauvre qu'il passera dans la ferme familiale où il recevra sa formation musicale ; son père, JT Christian, jouait de l'harmonica et son oncle, le bluesman Leon King, de la guitare. Alors qu'il avait cinq ans, son père se remarie avec Ellae Mae Turner qui amena avec elle sa guitare et ses huit enfants (dont Benny Turner qui sera le fidèle bassiste de Freddie). Il poursuit ses études à la Lake Providence High School et Bruce High School de Gilmer et chante au sein de la chorale de Lake Providence Baptist Junior Choir, une de ces très nombreuses chorales religieuses considérées comme le véritable conservatoire des artistes afro-américains. Freddie y chantera jusqu'à l'age de seize ans.

 

fk_ec"Mon père m'emmenait avec lui le dimanche à l'église, comme il chantait dans les chœurs, j'étais fasciné par la musique. Vers ma septième année, ma mère et mes oncles m'ont appris la guitare. Ils jouaient d'oreille et s'amusaient le soir à la maison, après le travail, à pratiquer leur instrument. J'ai aussi pris quelques leçons de piano, je peux même tenir ma place au clavier dans un orchestre comme le mien, mais la guitare est vraiment mon instrument !".

En décembre 1950, la famille King-Turner va s'installer à Chicago au mépris des courants migratoires qui veulent que les texans aillent en Californie. Logé chez sa grand-mère dans le West-Side, non loin du fameux club Zanzibar, sa première préoccupation est de trouver du travail. Il sera fondeur dans une aciérie et connaîtra la dureté quotidienne du Ghetto Ouest de la Cité des Vents. Un accident lui endommage sérieusement les jambes et il devra quitter l'usine.
Freddie ne songe pas à retrouver un travail régulier car son amour pour le blues ne cesse de grandir. Son activité principale consiste à se balader le soir et d'essayer de rentrer, malgré son jeune age, dans les clubs où se pratique le blues. Sa technique de la guitare acquise au Texas et influencée par Lightnin' Hopkins et T-Bone Walker évoluera à l'écoute de Jimmy Rogers, Robert Lockwood Jr et Eddie Taylor qui lui prodiguèrent leçons et conseils. Il avait aussi entendu B.B. King qui devait profondément le marquer.

fking9_71"Mes bluesmen préférés sont naturellement Muddy Waters et B.B. King. Mon style est un peu le mélange des deux".

Un jour le guitariste Sunnyland Charles l'emmène au "Stop" où jouent Johnny Temple et Baby Face Leroy : c'est la première fois que Freddie voit une guitare électrique. Charles le poussa sur scène et le força à jouer de l'instrument. Quelques mois plus tard Charles l'embauchera et Freddie King aura, à dix-sept ans, son premier engagement professionnel.

"Comme je me défendais pas mal en tant que guitariste, j'ai commencé à gagner ma vie juste avant d'avoir atteint dix-huit ans (je devais me vieillir pour pouvoir travailler). Je me souviens, je jouais sur une guitare acoustique Harmony. Plus tard, lorsque je me suis mis à l'électrique, j'ai pris une Key, et, quand on me l'a volée, une Gibson. Depuis, je suis un Gibson-Star".

Lorsque l'engagement avec Sunnyland Charles se termine, Freddie reste au "Red's Playhall" avec le batteur Sonny Scott et le bassiste Jimmie Lee Robinson, puis il rejoint l'harmoniciste Little Sonny Cooper entouré de Willie D. Warren à la basse et Jesse à la batterie. En 1952 il revient avec Scott et rencontre l'harmoniciste chanteur Earl Payton et ses Blues Cats. Freddie commence à jouer à leurs côtés, tout en continuant à accompagner Scott et Robinson ; puis à plein temps en compagnie de Big Mojo Elem à la basse et T. J. McNulty à la batterie. C'est avec eux qu'il a l'occasion d'enregistrer en 1954 pour la marque Parrot. Le disque ne sortira jamais. Quelques temps après ils sont rejoints par un autre guitariste, Smokey Smothers.
En 1956, Payton & His Blues Cats sont engagés au "Ricky Show Lounge" qui appartient à Margaret Whitfield. Elle enregistre deux titres (elle chante même sur un) pensant les faire éditer par Chess. Mais ils refusent et c'est sur le label de John Burton, El-Bee, qu'ils verront le jour.

"Mon tout premier disque je l'ai enregistré en 1956 pour une minuscule marque locale. Ça n'a pas été un très grand succès, et il a fallu que j'attende encore quatre ans pour faire mon second disque".

live_in_europeC'est alors que Freddie King monte sa première formation avec Big Mojo Elem et McNulty. Il se produira ainsi, en trio, jusqu'en 1958. Par la suite il réunit un nouvel orchestre, plus étoffé, avec Al Locke au saxophone, Harold Burrage au piano et deux vocalistes, Lil Mason et John McCall. Jusqu'en 1960, ils se produiront dans les principaux clubs de Chicago. Sa popularité dans la Windy City lui assure des engagements réguliers mais il a énormément de difficultés à décrocher un contrat d'enregistrement. Chess le refusant toujours, arguant qu'il sonnait comme B.B. King. Il se lie d'amitié avec les jeunes loups du West Side, Magic Sam, Otis Rush, Luther Allison. Il gravera un 45 tours en compagnie de ce dernier.
Syl Johnson, que Freddie King connaissait depuis 1956, le met en rapport avec le pianiste Sonny Thomson qui travaille pour Federal, la filiale de… King, un important label indépendant de Cincinnati, dirigé par Syd Nathan. La veille même de sa première séance, Freddie participe comme accompagnateur à la session de Smokey Smothers. Le lendemain, le 26 août 1960, il enregistre six titres. Le premier simple "Have You Ever Loved A Woman" / "Love Her With A Feeling", se classe dans les R&B charts et Federal sort un second 45 tours. A la surprise générale, ce fut la face instrumentale, "Hideaway", qui devint très vite un énorme succès.

ace" "Hideaway" a tout de suite été un hit et m'a fait connaître. C'est vraiment ce "Hideaway" qui a été la chance de ma vie. Pourtant, chez King, j'ai souffert d'une très mauvaise promotion et je n'avais aucune liberté pour enregistrer ce que je voulais bien que le pianiste Sonny Thomson, qui m'avait fait entrer chez King où il était directeur artistique, fut un ami (il figure sur mes disques jusqu'en 1962). J'étais brimé : on m'obligeait à enregistrer mes propres compositions, pour mieux me piller. Mieux, vous vous souvenez ce titre, "San-Ho-Zay" (du nom de San Jose, une ville américaine), eh bien, ils l'ont fait écouter à James Brown dès qu'il est arrivé chez King, trois ans après mon enregistrement. Il en a fait autre chose, et est devenu riche. Ça a été la même chose avec "Hideaway", on l'a fait graver par toutes les vedettes maisons, pour faire le plus d'argent possible. Malheureusement, j'étais le seul à pouvoir le jouer comme il fallait, et ça n'a pas marché".

"Lorsque j'ai débuté la carrière musicale, j'ai accompagné des chanteurs de blues comme Howlin' Wolf et Memphis Slim, comme Sonny Cooper et Hank Ballard, c'est ce qui fait que l'on m'a souvent considéré comme un instrumentiste, surtout avec le succès de "Hideaway" qui est un instrumental. Et puis un jour, j'ai osé chanter et ça a marché. Je pense que j'ai une voix très proche de celle de Ray Charles".

"Dans le fond, j'ai eu de la veine, car mon premier disque pour King a été tout de suite un succès, et à vingt-six ans, j'étais connu, ce qui m'a bien aidé ! "Hideaway", en dehors de toute considération financière, est un bon disque, et je pense que c'est celui que je préfère de tous mes enregistrements King. Après "Hideaway" qui était le nom d'un club où je travaillais (le vrai devait être "Hideaway Jump", mais on l'a abrégé), j'ai fait "San-Ho-Zay, et puis un tas de trucs qui ont plus ou moins bien marché".

burglar"Hideaway", ce titre hommage au club de Mel London, le "Hideaway Lounge", Freddie King avoue qu'il n'en est pas l'auteur. C'est Hound Dog Taylor qui le jouait à Chicago, et Magic Sam et lui l'avaient mis à leur répertoire. King en a fait l'un des standards incontournables du blues.
Les séances pour Federal vont se succéder, les succès aussi, avec "I'm Tore Down", "Lonesome Whistle Blues", "The Stumble", etc…
Si bien qu'à la fin de 1961, Freddie a eu six titres classés au R&B Top Ten. Il est une jeune vedette et commence pour lui la vie des grandes tournées à travers les Etats-Unis.
La première le conduira notamment à New Orleans où il joue avec Allen Toussaint, Tommy Ridgely, Ernie K.Doe, Lee Dorsey et Alvin Robinson. Pour sa deuxième tournée, il a pour compagnons Jimmy Reed, Gladys Knight & The Pips, Smokey Robinson & The Miracles, Chuck Jackson et son chauffeur n'est autre que Tyrone Davis.
1962 ne sera pas une aussi bonne année pour Freddie King. Sonny Thompson lui fait enregistrer quelques faces avec sa femme, Lula Reed, ("Boy, Girl, Boy"), qui sont loin d'avoir la classe des précédentes. Puis paraît l'album "Bossa Nova & Blues" qui ressemble à un mauvais canular. On comprend dans ces conditions la désaffectation du public. En plus, Syd Nathan, le boss de King, se fâche avec les disc-jokeys les plus importants du pays qui boudent dès lors ses productions. Si quelqu'un comme James Brown est trop populaire pour souffrir durablement de cet ostracisme, Freddie King prend quand à lui la crise de plein fouet. Il quitte Chicago pour s'établir à Dallas, Texas, retournant de temps en temps à Cincinnati pour graver de nouvelles faces. Celles de 1963 et 1964 sont aussi excitantes que celles de 1960, mais le public ne suit pas et Freddie King retombe vite dans l'oubli. Une nouvelle séance avec l'orchestre de Lonnie Mack en 1966 n'y changera rien. Il devra attendre 1968, un an après son premier passage en Angleterre (dans des clubs et dans des pubs), pour que Cotillion, une filiale d'Atlantic, le prenne sous contrat. C'est le saxophoniste King Curtis qui est chargé de le produire, et il réunit dans les studios de New York un orchestre à peu près identique à ceux que l'on entendait alors sur les disques d'Aretha Franklin. L'accueil mitigé que réservèrent les amateurs à ce premier album s'explique mal. Si sa version de "Hideaway" est loin d'égaler l'originale, il y avait à côté de cela quelques blues de grande classe.
Son second LP pour Cotillion est une réussite totale. Pour la première fois de sa carrière Freddie King s'attaque aux classiques du blues pour en donner des versions qui portent son sceau. Un album superbe.
Sur cette lancée il est pris en charge par le pianiste Leon Russell qui s'était taillé une place de choix dans le monde de la rock music, notamment après sa collaboration à la tournée américaine de Joe Cocker. Il avait créé sa propre marque, Shelter, qui signe Freddie King en 1971.

sugarball"J'ai rencontré Leon Russell en Californie au cours d'une TV et il m'a demandé de devenir mon manager. Quand il a fondé sa propre marque de disques, il était tout naturel que je fasse partie de son écurie. D'autant plus que mon contrat avec King arrivait à son terme et que je n'avais rien à perdre."

"J'ai donc gravé trois disques pour Shelter, et je crois qu'ils sont bons, surtout le dernier, "That Woman Across The River". C'est celui que je préfère."

"L'épatant, avec Shelter, c'est que je peux réellement, et pour la première fois de ma vie, faire tout ce que je veux. Revenons sur mon dernier disque, "Woman Across The River", j'aime tout particulièrement le titre qui donne son nom à l'album, une composition de Percy Mayfield, "Danger Zone", qu'avait interprété Ray Charles avant moi. Le morceau de Fats Domino "I'm Ready" me plait beaucoup aussi, de même que "Hoochie Coochie Man" de Muddy Waters. Eh bien vous voyez, tout ça je n'aurais pas pu le faire chez King où l'on m'obligeait à enregistrer uniquement mes compostions. C'est pourquoi, me sentant des ailes, je n'ai absolument pas peur de faire des "remakes" des morceaux d'autres bluesmen. Après tout, on fait bien des "remakes" de mes propres compositions, et Clapton a enregistré deux fois mon "Hideaway", Peter Green a bien fait aussi mon "Stumble" et Stan Webb, qui est avec Jeff Beck un guitariste que j'aime bien, a aussi couvert mon "Driving Sideways" quand il faisait partie de la formation de John Mayall."

"Avec Leon Russell, je me suis mis aussi à la production. J'avais enregistré dans le premier album un titre excellent, "Walking By Myself", d'un certain Jimmy Rogers, un ancien chanteur de blues que tout le monde avait oublié. J'ai réussi à remettre la main sur lui, et naturellement, il a été ravi de reprendre la route des studios. En fait, je n'ai produit que la moitié de l'album dont j'ai arrangé les six titres sur lesquels je joue, l'autre moitié du disque a été produite par J.J. Cale."

Les deux premiers albums que Freddie King réalise pour Shelter lui permettent d'accéder au statut de "Blues-Star", à l'égal de B.B. King, et donc de sortir des clubs du Ghetto pour se faire entendre du jeune public blanc américain.
La célébrité bien méritée dont Freddie a soudainement bénéficié lui permet d'entreprendre de grandes tournées internationales.

7844832"Il y a beaucoup de jeunes noirs, aux Etats-Unis, qui jouent et chantent le blues de façon exceptionnelle. Il leur faudra attendre qu'on vienne les "découvrir". Pour moi, ça a été la même chose, j'ai aussi été dans la misère, avant "Hideaway", bien que j'ai réussi à vivre de ma musique depuis 1956. Aujourd'hui je fais des concerts dans des halls immenses aux Etats-Unis, et çà, ça fait tomber sur moi une pluie de dollars. Mais je fais aussi beaucoup de galas de charité non payés… surtout au bénéfice d'enfants, handicapés ou non. Ceci compense cela…"

Après son troisième album pour Shelter, Freddie King préfère signer en 1974 un contrat chez la marque RSO avec le producteur Mike Vernon. Il grave l'album "Burglar" en compagnie de Clapton, Brian Auger et Pete Wingfield. Les ventes de ce 33 tours, puis celles d'un nouvel enregistrement, "Larger Than Life", gravé l'année suivante, lui permettent d'envisager une troisième production RSO. Elle sera posthume.

Freddie King est pris d'une crise cardiaque alors qu'il est sur scène à Dallas le 24 décembre 1976. On le transporte à l'hôpital où il décède le 28 décembre.

 

A quarante deux ans disparaissait un bluesman d'une carrure exceptionnelle et qui avait sans doute encore beaucoup à dire. Son âge pouvait lui faire espérer une production encore abondante et toute son œuvre témoignait d'un souci de renouvellement rare chez les bluesmen. Le plus jeune des trois King disparaissait ainsi le premier, au moment où il semblait le mieux placé pour surmonter la crise que traversait le blues. Car, à l'inverse d'un Albert King trop "Noir" pour le grand public et d'un B.B. King qui tentait de se rapprocher du style de Las Vegas, Freddie, tout en intensité et en feeling, avait séduit les amateurs de rock du monde entier. Il se présentait comme l'artiste le mieux placé pour réactualiser le blues traditionnel, le plier aux sonorités actuelles et en conserver, voire en accentuer, la popularité auprès des jeunes amateurs.

 

Ceux qui l'ont vu sur scène lors de ses fréquentes tournées européennes savent que Freddie King était une véritable force de la nature : deux mètres de haut, une carrure de taureau, une guitare très électrifiée qui domine un groupe d'une rare homogénéité dans le Blues moderne.

  

Voici ce qu'écrivait Emmanuel Choisnel dans Soul Bag, numéro 32, compte-rendu du Festival de Montreux 1973 :

"L'étoile de la soirée fut Freddie King. Ce fut même à mon sens le meilleur show du week-end. Freddie est un monstre de la guitare et que dire de son chant ! Il est d'une intensité émotionnelle rare, surtout lorsqu'il interprète un morceau lent. Les instrumentaux en tempo médium sont sa spécialité. Sous ses doigts "Hide Away" ne s'écarte pas d'un pouce de la version King. C'est carré, sans bavure, impeccable ! Il utilise à fond les ressources de l'amplification tout en contrôlant merveilleusement le son de sa guitare. C'est là tout l'art de la guitare électrique : ne laisser échapper de l'ampli que les sons voulus, pas de sons parasites ni de distorsion inconsidérée."

 

"Je déteste les sonos trop puissantes, car je pense qu'elles indisposent l'auditeur. C'est vraiment casse oreille. La première année que je suis venu en Angleterre, je passais avec un groupe qui s'appelait "Chicken Shack", et j'étais comme assourdi toutes les fois qu'ils passaient, tellement c'était fort. Quand ils sont venus me demander ce que je pensais de leur musique, je leur ai dit de baisser un peu leur truc, pour que je puisse me faire une opinion. Ils étaient très étonnés du fait que, lorsque je passais, les gens se rapprochaient pour m'entendre, et s'éloignaient dès qu'ils commençaient leur tintamarre".

"Je possède un jeu de guitare ample, très fourni, très "étoffé", qui doit se trouver en opposition avec un background extrêmement solide. J'ai un truc qui marche bien, c'est de ne jamais m'interrompre pendant toute la durée de mon show, et d'enchaîner un morceau sur l'autre. Pour cela, il faut être une bonne équipe et avoir une longue habitude de la scène, parce que je n'ai pas de plan programmé, je joue ce qui me passe par la tête selon l'humeur du moment. Le plus important, c'est de tomber juste sur le bon tempo, et de partir ensemble, mais je crois qu'on est un peu devenu, par habitude, experts en la matière. Nous "cravachons" le morceau dès la première note, et alors, ça va tout seul !"

"D'autant plus qu'il y a quand même une alternance dans le tempo des morceaux que j'interprète : je caresse un blues très lent, très funky, et puis je démarre sans prévenir sur un morceau joué à toute vitesse. Il y a des bluesmen qui n'interprètent que des blues lents, Jimmy Rogers par exemple, dans lesquels ils mettent un feeling fou. Junior Parker faisait ça aussi, une voix douce sur un jeu de guitare doux. John Lee Hooker, qui est un de mes meilleurs amis, fait souvent ça aussi - son jeu n'est pas dans ma tradition, ce qu'il fait est plus "historique" que moi - mais quand il joue le blues, c'est rudement bien enveloppé ! J'adore ces tempos ultra-lents, sur lesquels il se met à parler… Je raffole littéralement de Sony Terry et de Brownie McGhee, ce sont d'étonnants artistes de blues, et Brownie joue de la guitare d'une façon fantastique, et interprète des blues qui sont très proches des miens. C'est un peu comme Lightnin' : il ne joue absolument pas dans le même style que moi et parfois j'entend dans son jeu une suite de notes que je vais retrouver dans mon phrasé, ce qui est assez surprenant. C'est aussi naturellement un bluesman que j'aime, avec ses histoires tristes racontées sur un fond de guitare "low down", d'une voix qui porte en elle toute la tristesse du monde. Moi aussi, quand je chante le Blues, j'ai un sentiment réel de tristesse. Quand le public est réceptif, j'ai envie de le combler. Comme je vous l'ai dit, je ne prépare pas mon "show" à l'avance, j'ai donc une très grande liberté dans le choix de mes morceaux. Lorsque je joue le blues, c'est que ça me fait plaisir, et que ça correspond à un besoin du moment. En fait, parmi les morceaux, je n'ai que l'embarras du choix, parce que je pourrais jouer pendant un mois entier sans refaire deux fois le même air. Et c'est vrai !"

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Développement de l'histoire d'après :  JACQUES PERIN  - SOUL BAG N°58 - octobre 1976.

Interventions de Freddie King (en italique entre guillemets) :

Propos recueillis par :  FRANÇOIS POSTIF  - JAZZ HOT N°303 - mars 1974.

+

GERARD HERZHAFT  - ENCYCLOPEDIE DU BLUES - 1984, éditions Jacques Grancher, Paris.

JEAN BUZELIN - Notes de pochette du LP : Freddie King "Live In Nancy 1975 Vol. 2"                             1989 - Esoldun INA, distribution Wotre Music 

GUIDE AKAI 1985

COLIN LARKIN  - THE VIRGIN ENCYCLOPEDIA OF BLUES - 1998, Virgin Books – Muze.

SHELDON HARRIS  - BLUES WHO'S WHO - 1979, A Da Capo Paperback.

JAZZ & BLUES COLLECTION N°46 - Éditions Atlas 1985

18 mai 2007

#12 - Frank Zappa : "Shut up 'n play yer guitar"

Pendant longtemps, j'ai été complexé parce que je ne connaissais rien à Zappa. je croyais que cette musique était réservé à une élite intellectuelle de haut vol... Et puis j'ai rencontré Bruno, qui m'a fait découvrir Zappa par le côté marrant. Bruno est une élite intellectuelle à lui tout seul, et maintenant je sais que Zappa est à la portée de tout ceux qui aime la musique et qui ont de l'humour, aussi j'étais obligé de chroniquer ici un disque dont le titre est :

Shut up 'n play yer guitar

Shut_UpPour ceux qui ne connaissent pas Zappa : Cas unique dans l'histoire du rock, "Shut up'n play your guitar" est à l'origine un coffret de 3 vinyles ("Shut up'n play your guitar", "Shut up'n play your guitar some more" et "Return of the son of Shut up'n play your guitar"), vendu par correspondance et regroupant exclusivement des solos de guitare du maître.
L'idée à de quoi effrayer. Près d'une heure quarante cinq de solos non-stop, d'exploration musicale débridée – jazz, baroque, hard, contemporain, rock, blues – et pas une seconde d'ennui… Tous les solos datent de 79-80 sauf une petite perle qui ferme ce coffret : "Canard du Jour" un solo de 73 avec Jean Luc Ponty et son violon dingue. A l'époque, le coffret a fait l'unanimité, consacrant définitivement Zappa comme compositeur.
Il faut dire qu'à part FZ, on ne voit guère personne pour réussir un tel exploit. La continuité de l'album n'est pourtant pas des plus évidente puisque certains solos sortis de leur morceau initial n'ont plus les structures communément admises dans le rock. D'où le point : Zappa est le plus grand guitariste de ce siècle et cet album en est une preuve plus que magistrale.

(sur ce point je suis sur que vous serez nombreux à ne pas être d'accord et je compte sur vous pour geuler dans les commentaires)

guitar2Pour ceux qui connaissent Zappa: Zappa s’est peu à peu affirmé en tant que guitariste émérite, refusant de se plier au jeu du guitar-hero dans lequel, bien malgré lui, beaucoup l’avaient enfermé. Cela ne l’empêchera pas pourtant de diffuser, de manière confidentielle dans un premier temps ce généreux coffret.
On y trouve le travail de collage de «Sheik Yerbouti» et «Tinseltown Rebellion», en ne conservant cette fois que les parties de guitare jouées par le maître. Finalement distribué par CBS, ce coffret va rencontrer un succès aussi colossal qu’inattendu, propulsé par des critiques dithyrambiques. Piochant en grande majorité ses interventions éclairées dans des performances en public datées de 1979 et 1980.
Ôtés de leur contexte et mis les uns à la suite des autres, ses parties de guitare multiplient les références et montrent ce souci constant de ne pas courber l’échine face aux conventions pré-établies. Son jeu est riche et polymorphe, toujours aussi expressif, et distille des moments de pur bonheur («Five, Five, Five», «Treacherous Cretins», «Heavy Duty Judy», «Ship Ahoy», «Pink Napkins»). Les trois suites rebaptisées «Shut Up’n Play Yer Guitar» ne font rien pour dissimuler leurs origines ; elles sont toutes issues du titre «Inca Roads», sur «One Size Fits All». Elles montrent surtout les capacités d’improvisateur sensible d’un Zappa qui arrive, au sein d’une même histoire, à nous entraîner dans un récit pourtant à chaque fois renouvellé et différent. Du grand art.

17 mai 2007

#11 - Thunder Road - Bruce Springsteen

 

Intro: F Bb F C F Am Bb Csus-C

The scr[F]een door slams[Bb]  Mary's dr[F]ess waves       Like a v[F]ision she dances

acr[C]oss the porch    As the [Bb]radio plays    Roy Orbison singing for the l[C]onely

Hey that's m[F]e and I want you o[Bb]nly    Don't turn me home again  I j[F]ust can't face

mys[C]elf alone again

Don't r[F]un back inside    darling[Bb] you know just what I'm h[F]ere for

So you're scared and you're thinking   That m[C]aybe we ain't that y[Bb]oung anymore

Show a little faith, there's magic in the n[C]ight

You ain't a b[F]eauty, but hey you're alr[Bb]ight  Oh and th[F]at's alright with m[C]e

You can h[F]ide neath your covers  And st[Dm]udy your pain  Make cr[F]osses from your lovers

Throw [Bb]roses in the rain [F]  Waste your summer p[Am]raying in rain

For a s[Bb]aviour to rise from these str[C7]eets  Well now [F]I'm no hero

That's [Dm]understood  All the red[F]emption I can offer, girl Is ben[Bb]eath this dirty hood

[F] With a chance to make it g[Am]ood somehow  Hey wh[Bb]at else can we do n[C7]ow

Except r[F]oll down the window   [Bb]And let the wind blow b[F]ack your hair

Well the night's busting open   These tw[C]o lanes will take us [Bb]anywhere

We got one last chance to make it r[C]eal  To tr[F]ade in these wings on some wh[Bb]eels

Climb in back   H[F]eaven's waiting on[C] down the tracks

[F]Oh oh come t[Dm]ake my hand     R[F]iding out tonight to [Bb]case the promised land

[F]Oh [Am]oh Thunder Road, [Bb]oh

Thunder Road

[C7]oh

Thunder Road

L[F]ying out there like a k[Dm]iller in the sun      Hey [F]I know it's late

we can m[Bb]ake it if we run   [F]Oh Thunder[Am] Road, sit [Bb]tight take h[C7]old  Thunder R[F]oad

Well I [Bb]got this guitar    And I l[C]earned how to make it talk[F]

And my [Dm]car's out back    If you're ready to take that l[Bb]ong w[C]alk

From your f[Bb]ront porch to my front s[C]eat  The door's [Am]open but the ride it ain't f[Dm]ree

And I k[Bb]now you're lonel[Bb/A]y  For words that [Gm7] I ain't s[Bb/F]poken

But ton[C]ight we'll be free    All the promises'll be broken

 [F] [Bb] [F]

There were ghosts in the eyes Of all the boys you sent away

They haunt this dusty beach road  In the sk[C]eleton frames of b[Bb]urned out Chevrolets

They scream your name at night in the street[C] Your graduation g[F]own lies in rags at

thei[Bb]r feet        And in the l[Am]onely cool before dawn

You hear their [Bb] engines roaring on   But when you [Gm]get to the porch they're g[C]one

On the [Bb]wind, so Mary climb [Gm]in    It's a t[Bb]own full of losers

And I'm p[C]ulling out of here to w[F]in.[F]

[F]    [C]    [F]    [Bb]        [F]    [C]    [Bb]   [C]

 

END

 


Am Bb Bb/F C C7 Dm F Gm Gm7

16 mai 2007

#10 - SANS RETOUR ( SOUTHERN COMFORT ) - Walter Hill

L'autre jour au hasard d'un zapping sur le cable je suis tombé là dessus:

SANS RETOUR ( SOUTHERN COMFORT ) - Walter Hill

SANS_RETOURNeuf hommes appartenant à la garde nationale doivent effectuer une marche de reconnaissance à travers les marais de la Louisiane. Empruntant des pirogues ne leur appartenant pas, les braves soldats tombent sur un groupe de paysans de la région. Suite à un accident stupide, l’un des leurs se fait sauvagement tuer. Commence alors une terrible chasse à l’homme dans les marais…

Walter Hill, moi je le connaissais surtout pour des film bourrins du genre "Les guerriers de la nuits" ou "Les rues de feu", mais là.... arghlll, incroyable c'est délivrance en plus fort....
"Sans retour" prend place dans le cadre rural étouffant et éprouvant de la Louisianne. Bizarrement "Sans retour" se cache derrière des airs de films de guerres post-Vietnam jusque dans son affiche. Un effet volontaire de la part de Hill ? Sûrement puisque le film se veut une parabole sur la guerre du Viêt-Nam, une guerre cruelle et violente, absurde comme celle que reconstituent sans le vouloir les protagonistes du film. Les bayous deviennent petit à petit une forêt vietnamienne et même les Cajuns semble représentés les vietnamiens. Le film prend pied en 1973 (là encore un peu à la même époque que la guerre du Vietnam), dans les marais de la Louisiane. Des soldats de la garde Nationale doivent entamer une manœuvre dans le coin. Jamais caricaturaux, les personnages n’ont pas besoin d’en rajouter dans les répliques vulgaires ou le charisme surfait, ils sont réalistes, et ont chacun une personnalité bien particulière. Le casting est bien rempli pour l’occasion, quoiqu’on retienne surtout Keith Carradine avec ses faux airs de Klaus Kinski ou Fred Ward, bonne gueule du cinéma d’action ici dans un rôle très ambigu, celui d’un soldat aux méthodes assez expéditives, un peu trop même. Si dans "Délivrance" l’horreur commençait lorsque les héros se heurtaient à SANS_RETOUR_2des rednecks complètement siphonnés, ici c’est en tirant à blanc sur des paysans de la région, que la traque va commencer. Affolés par ce geste qu’ils jugent agressifs, les Cajuns (les hommes de la régions, vivant en ermite et parlant un français très bizarroïde) répondent à l’appel avec une vraie balle cette fois-ci. L’un des soldats se la reçoit violemment en pleine poire, ce qui met en panique le groupe de soldats qui ont finalement peu de pouvoirs. Des faux soldats en quelque sorte. En s’enfonçant encore plus dans les marécages, ils tombent sur la cabane d’un Cajun, qu’ils décident de tenir en otage. Surprise, le rôle du Cajun est attribué à Brion James, grand méchant au cinéma, trimballant sa gueule de psychopathe dans des séries B et A comme "Le cinquième élément" ou "House 3". Un être en soi pas forcément méchant mais à la présence troublante, dérangeante. Il est placé là pour mettre en garde le spectateur, alourdissant l’atmosphère en plus de la psychologie peu à peu défaillante des soldats, de la présence menaçante planant dans les bayous ou des pièges que tend Mère Nature. Car la force de "Sans retour" est de transformer son cadre inhabituel, en véritable monde parallèle. C’est moite, poisseux, boueux, sale, infecte, un véritable enfer "gris" dont on n’en ressort pas indemne. Et tout comme les protagonistes, nous n’avons qu’une seule envie : nous casser tout de suite de cet endroit. Mais outre sa notion de Survival, "Sans retour" se rapproche du genre fantastique par son univers fortement influençable et totalement repoussant, à savoir ce marais interminable nappé de sc02brouillard. Et les agresseurs ne sont visibles que lors des derniers tiers du film, chose assez étonnante. Le reste du temps, les soldats tombent régulièrement dans les piéges disposés par ces étranges ermites, des pièges divers et dangereux comme cette meute de chiens enragés sortis de nulle part. Des pièges qui semblent parfois tendu par la nature elle-même comme cette séquence hallucinante où le groupe d’hommes se retrouve "attaqué" par des arbres tombant en masses. Un savoir-faire évident habite Walter Hill et il le prouve avec des quelques scènes spectaculaires assez inattendues (le combat au couteau ou encore ce soldat se prenant pour une sorte d’ange exterminateur), et un dernier quart d’heure au suspens insoutenable, se déroulant un village remplis de rednecks certes plus normaux mais qui compte tout de même quelques individus criant vengeance. Dévoilant une force considérable et une maîtrise totale de son sujet, "Sans retour" est un Survival pur jus recèlant de nombreuses qualités faisant de cette œuvre un film à découvrir d’urgence.

Avec Powers Boothe, Keith Carradine, Fred Ward, Peter Coyote, Brion James, Sonny Landham.
D’Vision Vidéo

NB: Le pire film de Hill, celui dont il ne veut pas parler, c’est « Supernova », énorme fiasco de Science-Fiction tout pourri. De même, il ne porte guère dans son cœur « Double détente » avec Schwarzenegger, pour raisons personnelles. Le restant de sa filmographie demeure intéressant sans atteindre les degrés de réussite de ce film. Aujourd’hui, Hill tourne moins, perdant progressivement la vue. On lui doit aussi d’être le producteur de la saga « Alien », d’avoir co-créé les « Contes de la crypte ».

13 mai 2007

#9 - Incontournables de la gratte


Voici une série de liens intéressants ! Attention, cette liste est très restreinte à ce jour mais je ne manquerais pas de la faire évoluer car il y en a beaucoup! je selectionne, je selectionne...                   

Les indispensables du musico :


AudioFanzine bien sûr. Pour tout ce qui concerne le matos, les tutoriels, les compos, les avis, les annonces... Tout le monde de la musique est la et le forum est extremement actif. Pour ne rien gacher, le site est tres bien foutu et les liens entre rubriques particulièrement ergonomiques ! Indispensable donc.
Guitar Plug est le frere d'AudioFanzine mais orienté guitares uniquement - choisissez l'un ou l'autre c'est selon, le forum est en commun !

Guitariste.com : idem que Audio Fanzine avec leçons, outils, super forum ect...



en lien avec Guitariste.com : Technique et leçons de guitare


Zikinf :
Site pour musiciens - Ce site est interessant aussi pour sa promotion de Ninjam



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Apprendre la guitare !


Actoguitar est un site collaboratif pour apprendre et partager ses connaissances guitaristiques notamment par l'intermediaire de petites vidéos pédagogiques.


ChordBook est un  site tres bien fichu qui permet d'avoir toutes les positions d'accords (voicings), d'en creer, de tester des open-tunings ect...cerise sur le gateau, il est possible de séquencer une serie d'accords !

Voila un site interessant pour qui veut bosser ou tout simplement improviser et "faire son oreille" sur des "backing tracks" - et il y en a des milliers

09 mai 2007

#8 - Martin Scorsese

Il y a quelques temps, un ami (Luc) m'a offert une Bible. Pas le livre avec le bébé dans l'étable, les rois mages et tout le bataclan. Non, un livre sérieux sur un sujet sérieux. Ce livre c'est un beau livre. un livre cher. Pas cher dans le sens coûteux (quoique..); un livre dont le contenu est inestimable. Ce livre c'est:

Martin Scorsese : Entretiens avec Michael Henry Wilson
martin_scorsese

  • Relié: 300 pages
  • Editeur : Cahiers du cinéma
  • Collection : BEAUX LIVRES
  • ISBN-10: 2866424344
  • ISBN-13: 978-2866424343

Martin Scorsese est probablement l'un des plus grands réalisateurs vivants. Avec Eastwood, il est le dernier garant de la tradition Hollywoodienne tout en étant terriblement novateur.
Si on apprécie le travail de Scorsese, ce livre est ABSOLUMENT indispensable. Il est écrit par Michael Henry Wilson.
Les entretiens de Michael Henry Wilson avec Martin Scorsese, commencés dès ses premiers films en 1974, sont devenus un rituel auquel rien ne déroge. Au fil du temps, la conversation devient dialogue de plus en plus approfondi ; la confiance est palpable dans la densité des échanges d'idées tant sur les films que sur les projets ou le sens général d'une œuvre qui s'élabore. Les chapitres restituent la chronologie de ces rencontres et couvrent toute la filmographie de Scorsese, des premiers films avec Robert de Niro, jusqu'à son documentaire sur Bob Oylan et The Departed dont il vient de terminer le tournage. La qualité des propos et le caractère systématique des rendez-vous confèrent à l'ensemble une grande qualité littéraire et le mouvement d'un récit, celui de la création d'une œuvre par l'artiste lui-même. Pour le jeune Martin Scorsese, tout commença au troisième étage d'un immeuble d'Elizabeth Street, au cœur de Little Italy, le quartier des Italo-Américains. Mais de Little Italy à New York, de New York à l'Amérique, le cercle n'a cessé de s'agrandir, comme la gamme de s'étendre : de Mean Streets en Casino, de Raging Suit au Temps de l'innocence, du solipsisme de Taxi Driver à la compassion d'A tombeau ouvert, Scorsese passe du " je ", au " nous ", d'illuminations singulières aux multiples facettes du melting pot, de la chronique semi-autobiographique à de vastes tableaux qui déploient dans toute leur complexité notre comédie humaine. Si ses créatures sont possédées, et parfois anéanties, par leur passion, Scorsese a su canaliser la sienne dans une œuvre qui continue de s'élargir, jusqu'à embrasser toute la mémoire du monde. Il ne s'est sans doute pas libéré de ses obsessions, mais il a appris à les tenir à distance en les transférant sur des personnages de fiction. Comme le dit si bien le peintre d'Apprentissages (Nick Nolte) : - On crée parce qu'on ne peut pas faire autrement. - La folie scorsesienne est à la fois élection et malédiction. Elle est le prix que doit payer celui qui s'adonne sans frein à son art. L'œuvre ne s'accomplit pas en dépit de cette folie, mais à cause d'elle. Chaque film est un rite de conjuration. Pour illustrer ces propos, Scorsese a ouvert ses archives personnelles avec la plus grande générosité : notes, dessins, manuscrits, story-boards, photos de famille ou de plateau, tout document pouvant éclairer ses trente ans de conversations avec Wilson. Une biofilmographie complète cette riche iconographie.

Les images qui suivent parleront mieux du travail de Scorsese que quoi que je puisses écrire.

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Merci Luc.
 

juillet 2009

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