J'apprend que Bubba Ho-Tep est diffusé Vendredi 16 Mai (à la fin de cette semaine) à 23H30 sur Arte, c'est l'occasion pour moi de vous conseiller de le regarder et de republier une chronique vieille de 1 an et demi.
Crossroads
l'exellent magazine culturel, avait chaudement recommandé ce petit film
d’horreur en maison de retraite que j’avais malheureusement raté au cinéma. Le
journal n'avait pas menti, après avoir fait un saut au vidéo club, voici ce qui
m'attendait: Dans une maison
de retraite, oubliés de tous, Elvis et JFK finissent leurs jours. Car
oui, Elvis et JFK ne sont pas morts !! Le premier a secrètement échangé sa
place avec un de ses sosies au faite de sa gloire pour sortir de la célébrité
et goûter à nouveau aux joies de l’anonymat et retrouver le contact du public. Le
second n’a pas été tué par Lee Harvey Oswald comme le prétend la version
officielle. Que nenni, tout ceci serait bien trop facile. Vous pensez, tuer un
président gênant, c’est terriblement banal et pas suffisamment mesquin. Suite à un changement forcé de
pigmentation, ce bon vieux JFK est donc aujourd’hui noir et pense que son
cerveau lui a été retiré et remplacé par un sac
de sable… Comme si tant de
réalisme et de vérité historique ne suffisaient pas à asseoir la crédibilité du
film, la maison de retraite va être le théâtre du retour à la vie d’une momie
égyptienne à santiag et chapeau de cow-boy, bubba ho tep (de Bubba, synonyme de
redneck (équivalent américain de plouc raciste) en gros et ho tep pour faire
vieille égypte, une momie redneck en somme…), qui aspire les âmes par le trou
du cul.
La fine fleur des années 60 va donc faire équipe et tout essayer pour ne
pas se faire sucer le trou. Analyse de la situation, planification de la
marche à suivre, regroupement du matériel nécessaire, courses poursuite et
baston, tout y passe… version gériatrique, c’est-à-dire avec prostate fuyante,
grosseur inexpliquée sur la bite, déambulateur et fauteuil roulant. Voir ces
deux vieilles stars essayant lamentablement de reconquérir un peu de leur
gloire passée (ah Elvis en costume de la grande époque et déambulateur,
esquissant qq mouvements de kung-fu… un grand moment), de se prouver qu’ils
sont encore autre chose que le prochain numéro de la faucheuse est profondément
jouissif. D’un sérieux à toute épreuve dans des situations complètement
loufoques, Elvis et JFK finissent de construire le burlesque d’un film qui
rentre définitivement dans le panthéon du genre.
Con (comprendre 15ème degré) et assumé
comme tel, en général un bon mélange. Pour le reste, la majorité du film, rien
ne sert de plus le déflorer. Un film
con, ca se découvre. Au-delà de l’absurde et du mélancolique, Bubba ho Tep
regarde avec nostalgie une Amérique perdue personnifiée par Elvis (joué par
Bruce Campbell, magnifique comme toujours depuis les Evil Dead) et débouche sur
une vision touchante et qq peu désabusée de la vieillesse et de la déchéance
physique. Comme dans les meilleurs films cons, le con vient se greffer
sur une trame pas si conne que ca, sensible même, que le réalisateur distille
avec modération et justesse.
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